Parapente pour les nuls Le parapente pour les nuls

Mis à jour : 27/03/2022

Quel parapente pour débuter ?
Combien de temps pour apprendre le parapente ?
Ou apprendre le parapente ? Telles sont les questions qui sont souvent posées. Voici un début de réponse.

Il y a plus de 20 ans, je faisais mon premier stage de parapente. Je pensais que c’était une activité un peu underground, à l’instar du base-jump, ou l’exploration des catacombes parisiennes, qu’il n’y avait pas vraiment de formations reconnues, et qu’il fallait être initié par quelques pionniers, en espérant tomber sur les bons. Heureusement, Internet existait déjà, et j’ai trouvé une école rapidement.
L’ironie, c’est que je suis devenu moniteur de parapente, et que j’enseigne désormais l’activité.

Voici donc quelques conseils pour aborder le parapente :

Découvrez l’activité en biplace parapente

Cela n’a rien d’obligatoire, mais cela enlèvera une grosse part d’inconnu, et donc de stress. Réservez un vol tandem auprès des nombreuses écoles de parapente permettant de vous faire découvrir l’activité en biplace.

Votre moniteur vous équipe, et après un court briefing, et avant même d’y penser, vous êtes déjà en l’air. Ce sera votre première leçon de parapente. Sans doute, si les conditions le permettent, votre moniteur vous donnera les commandes.

Vous saurez alors si l’activité est faite pour vous (ou non). Vous réaliserez que l’activité n’a rien de dangereuse si elle est pratiquée dans les règles de l’art. Je ne me lasse pas de voir des passagers plein d’appréhension avant leur premier vol biplace, avec des étoiles dans les yeux à l’atterrissage, ou même en plein vol, comme Kelly, cet hiver au Mexique :

Quand ils me demandent « Combien de temps faut-il pour apprendre à voler », je sais qu’ils sont intéressés et qu’ils vont sans doute apprendre à voler.

Inscription à un stage d’initiation parapente

Un de mes collègues appelle ce type de stage : Découverte de l’activité, car au bout de 5 jours de stage, on aura réalisé quelques vols mais seulement sous le regard bienveillant de ses moniteurs, qui ne sont pas avares de consignes et d’encouragements, et dans des conditions calmes. Bref on n’est pas vraiment autonome. A ce stade, chaque vol vous paraîtra un exploit, pourtant il n’aura duré que quelques minutes. Même si votre vie professionnelle, familiale ne vous permet pas de continuer à vous former en parapente, cela restera une expérience inoubliable : Dans 20 ans, vous vous rappellerez de ce premier vol.
Voici la liste des écoles proposant des stages parapente., et notamment les Grands Espaces présentés dans cette vidéo :

Note : Certaines écoles proposent des journées découvertes : Une bonne façon de découvrir le parapente, sans pour autant se substituer à une vraie formation.
Vous allez sur la pente-école le matin, pour ressentir la sustentation, puis ensuite vous réalisez un biplace.

La progression en parapente

Chaque pilote progresse à son rythme, avec ses forces et ses faiblesses. Mais il faudra généralement passer par un deuxième stage (progression / perfectionnement) minimum. Déjà pour confirmer votre autonomie au décollage et à l’atterrissage. Ensuite il faudra sûrement revenir pour appréhender le thermique, qui vous permet dans des conditions plus toniques de rester en l’air, de monter. Enfin les vols de distance (cross) nécessitent plus d’expérience.

Certains pilotes reviennent tous les ans en école, car ils préfèrent voler encadrés, avec du matériel neuf (ou récent).Si vous volez moins de deux semaines par an, il est sans doute préférable de favoriser cette option, car cela revient moins cher que d’acheter votre équipement.

D’autres, à l’issue de ce deuxième stage de parapente sautent le pas, et achètent leur équipement (sellette et voile) auprès de boutiques spécialisées. Il est évident que passé un certain stade, si vous êtes mordu, et que vous n’avez pas de site de vol à proximité, vous pourrez au moins pratiquer au sol : les gonflages en pente école, ce qui est sans doute l’un des meilleurs entraînements.

Rejoignez un club de parapente

Vous avez votre matériel, mais un peu comme la conduite accompagnée, il est déconseillé de voler seul, au moins au début. Prenez votre licence auprès d’un club de parapente proche de chez vous, ou en tout cas près de votre site préféré.

Regardez ce que propose chaque club, sa dynamique. Souvent ce choix se fait par affinité : Vous connaissez déjà quelques pilotes dans ce club.

Soyez conscient de votre niveau : vous êtes encore un pioupiou, et il vous faudra faire de nombreux ploufs (vols balistiques), avant d’envisager d’aller suivre les copains plus expérimentés. Si il y a d’autres jeunes pilotes comme vous dans le club, ce n’est que mieux pour profiter d’une dynamique de groupe.

Et si en plus, vous avez la chance de rencontrer quelques parapentistes pédagogues et compétents, pour vous permettre de progresser en sécurité, c’est un gros avantage. Evitez de découvrir de nouveaux sites seuls. Allez-y avec quelqu’un qui connait.

Déterminez quel équipement est le meilleur pour vous

Un mauvais raisonnement, souvent observé par prétention ou par orgueil, consiste à croire qu’une aile école (EN-A) est faite pour l’apprentissage, et que l’on peut raisonnablement « gagner du temps » en passant sous une En-B (aile de progression) pour un premier achat.

D’abord votre apprentissage est loin d’être terminé à l’issue d’un ou deux stages et les ailes A d’aujourd’hui vous permettront de progresser en sécurité, et possèdent des performances semblables ou supérieures à celles de compétitions d’il y a 15 ou 20 ans, la sécurité en plus.

Le parapente est une activité à maturité longue, comme un bon vin. Et à consommer également avec modération. Faites-vous conseiller par votre moniteur car nous sommes tous différents, et l’école où vous avez appris propose sûrement des essais de voile. Et c’est important d’essayer avant d’acheter !
Pour plus d’informations, lisez également le guide d’achat parapente.

Ne faites pas l’erreur d’apprendre de la mauvaise façon

Nous vivons aujourd’hui dans un monde où le blog d’un amateur ou une vidéo sur YouTube sont considérés comme mieux informés qu’un professeur, ou dans ce cas, un moniteur de parapente. Vous pouvez essayer d’apprendre le parapente par vous-même, mais cela risque de considérablement diminuer votre espérance de vie.
Dans le meilleur des cas, vous ferez chaque vol avec la peur au ventre. A vous de voir.

Dans beaucoup de pays, il est obligatoire de passer un permis de parapente, ce n’est pas le cas en France, où l’on préfère responsabiliser les pratiquants, et où le vol libre reste un espace de liberté.

Ne surestimez pas vos capacités

Une fois passés les premiers vols, votre niveau d’appréhension diminue et vous vous sentez invincible : c’est ce que les anglophones appellent le syndrome du pilote intermédiaire (intermediate pilot syndrom). J’appelle cela le syndrome du 100ème vol…

C’est l’effet Dunning-Kruger : Pour faire simple quand on est débutant,  on surévalue ses compétences, on est trop confiant, et on n’a pas (ou plus) conscience du risque. Après une grosse frayeur, il est difficile de remonter la pente, comme le résume le schéma ci-après :
2019 06 19 Effet Dunning Kruger

© Arjuna Filips , CC BY-SA 4.0

Ayez toujours un plan « B »

Le parapente est un « sport cérébral », au même titre que les échecs (le jeu de société) : Il ne demande pas une grande force physique, mais cela peut-être fatiguant mentalement. On prend des décisions importantes pendant le vol.

Il faut calculer avec un coup d’avance. Et avoir un plan de repli si cela ne se passe pas comme prévu. On ne joue pas contre un adversaire, mais avec la masse d’air, qui peut être fluctuante. Par exemple, si je compte rejoindre l’autre côté de la vallée, il convient de s’assurer que si cela ne fonctionne pas, je peux au moins trouver un endroit pour poser.

Conclusion

Le parapente est une activité qui comporte des risques, mais elle est sans danger si elle est pratiquée raisonnablement : c’est-à-dire en ayant pris le temps d’apprendre ou de vous perfectionner lors d’un stage au sein d’une école de parapente.

Il est important d’avoir des procédures, d’être conscient des limites de notre aéronef, et de connaître les dangers aérologiques. Si vous vous posez des questions sur le parapente, vous pouvez démystifier l’activité en faisant un stage d’initiation, voire en passant au préalable par un baptême parapente.

Le parapente ne s’apprend pas en une semaine pour autant. Quand on me demande combien de temps faut-il pour apprendre à voler, je réponds qu’au bout du troisième jour vous volerez « seul », mais un ami moniteur dit qu’il faut plus d’une vie pour apprendre à maîtriser l’activité, et il a raison, car on apprend tous les jours.

Désolé si vous souhaitiez apprendre dans un bouquin “pour les nuls”, ça n’existe pas encore, et c’est mieux comme ça !

Condorito

Parapentiste depuis plus de 20 ans, je suis le créateur de ce site. Moniteur à l'école de parapente des Grands Espaces, sur Annecy, je migre l'hiver à Valle de Bravo (Mexique). Hasta pronto ! Plus d'infos
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