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Ca y est vous êtes mordu, vous avez fait deux stages de parapente (minimum recommandé), on peut enfin penser à s’équiper pour voler. Quel parapente choisir ? Comment se décider ? Acheter neuf ou d’occasion ? Ce guide d’achat parapente s’adresse en priorité aux débutants , mais si vous volez depuis quelques années, vous pourriez également apprendre quelques trucs.

Achat parapente : Quelle voile  ?

Avant d’acheter une voile de parapente, il est important de bien situer son niveau de pratique.

De la même façon qu’il ne vous viendrez pas à l’esprit de commencer par acheter une “grosse cylindrée” alors que vous venez de passer votre permis moto (c’est même interdit depuis quelques années), il faut aller doucement en parapente. Cela dépendra de votre niveau de pratique :

  • Depuis quand volez-vous ?
  • Quel volume (nombre d’heures de vols / an) ?
  • Quelle est votre type de pratique ? (vol sur site, vols rando, cross).
  • Lieu de pratique ?

Les voiles “A” actuelles ont de meilleures performances que les voiles de compétition d’il y a 20 ans, avec une sécurité accrue ! Il ne sert à rien de vouloir gagner un peu de performance et se faire peur … ou mal. Même en cross (vol de distance), il est plus reposant de voler sous une aile moins performante qu’avec un « gun » qu’il faudra piloter en permanence. Surtout si ça dure des heures. Enfin, il est valorisant de se rendre compte qu’on a fait le même vol qu’un autre pilote qui volait sur une catégorie supérieure! Si vous comptez voler en parapente à l’étranger, pensez que les secours ne seront pas à la hauteur de ce qui se trouve en France, et qu’il vaut mieux voler en dessous de son niveau, réel ou supposé. Prenez de la marge.

Si vous avez déjà un parapente, et que vous comptez changer, il n’est pas nécessaire de monter en gamme. Je connais des moniteurs de parapente qui volent moins qu’avant, et qui sagement redescendent de catégorie. Du fait de leur profession, s’ils enseignent, ils passent plus de temps au sol qu’en vol pendant la belle saison. Tout le monde n’a pas la chance de voler l’hiver en parapente 😉

Les certifications

S’il n’est pas nécessaire d’être breveté pour voler sous un parapente, en revanche les parapentes vendus en France doivent tous posséder une certification. Méfiez-vous des modèles exotiques. La certification a un coût, multiplié par le nombre de tailles disponibles, mais c’est tout même rassurant de savoir ce que l’on achète.

Pour être certifiée une voile subit deux type de tests, des tests de charges, et des tests en vols.

Test de charge (load test)

D’abord elles sont testées en charge : on s’assure qu’elle supporte bien les 8 G.
Elles doivent résister à deux types de tests.

D’abord un test de solidité,  puis un test de charge progressif.

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Tests en vol

Ensuite elles sont testées par des pilotes, en vol. Ce que l’on va chercher à évaluer, c’est le comportement d’une aile suite à un incident de vol, sans intervention de celui-ci. En d’autres termes, son côté « auto-démerdant ». Les ailes en « A » sont les plus accessibles, cela ne veut pas dire pour autant qu’une aile en « A » ne ferme pas, et qu’il ne vous arrivera rien si vous volez en dépit du bon sens.

Ces voiles passent une batterie de tests (22) permettant de leur attribuer une note, ou plutôt une lettre, en fonction de leur comportement. Les voiles sont testées pour un PTV donné. Ces tests sont effectués en conditions calmes, mais c’est rarement le cas dans la “réalité”, et c’est donc bien le pilote qui, ici, provoque l’incident. Selon le résultat du test, la voile se voit attribuer une note par exercice.

En fonction des résultats obtenus, les classes sont classées A, B, C, D.

  • A : Voile école / Sortie d’école
  • B : Voile de progression : Vous volez plus de 50 heures par an.
  • C : Voile “Sport” : Pour les vols de distances (Cross-Country), vous volez plus de 100 heures par an.
  • D et CCC: Voile “Performance”. Pour les compétiteurs et les pilotes très avertis

Seconde partie :

Il suffit que la voile ait un seul “B”, pour se voir classée en B. Même si tous les autres tests sont en “A”.
Deux voiles peuvent être classées en B, mais celle ayant plusieurs B, sera évidemment plus exigeante qu’une voile ayant un seul B. Bref, ça vaut le coup de regarder les résultats des tests en détails et pour votre PTV. En revanche si vous hésitez entre deux voiles, et que l’une est classée dans une catégorie supérieure seulement en cas de fermeture 50% accélérée (c’est généralement le test “critique”), on peut se rappeler qu’il suffit de pas accélérer trop près du relief. C’est du bon sens.

Choisir son parapente en fonction de son PTV

Le PTV (poids total volant) est la fourchette de poids pour laquelle le parapente a été conçu.
Comme son nom l’indique, cela concerne le poids du pilote + la totalité de son équipement (minimum casque + voile + sellette + parachute de secours)

Bref, tout ce qu’il emporte en vol.
C’est à dire aussi sa bouteille d’eau, ses vivres, sa tente, son réchaud s’il part en vol bivouac…

Dans la majorité des cas, cela donne le poids du pilote nu + 12 ou 13 kilos. Moins si vous vous équipez en matériel light, plus si vous êtes un compétiteur…
Il est intéressant de noter que votre parapente est testé avec une sellette classique (assise), quel que soit le modèle. Rien ne présage de ce qui se passe avec une sellette cocon, de plus en plus à la mode.

Exemple de PTV : 75-95.
Ou 75 (kilos) correspond à la limite “basse” de la fouchette de poids, et 95 la limite haute.

A noter que si généralement une voile est généralement plus vive lorsqu’elle est bien chargée (en haut de fourchette), il existe quelques cas où la voile en bas de fourchette se voit attribuer une moins bonne note, parce que du fait de sa charge alaire inférieure, le retour au vol normal sera plus long…

Bref, il est important d’analyser en détail le rapport d’homologation d’un parapente, c’est-à-dire celui qui concerne votre taille de voile, que vous soyez en haut ou en bas du PTV.

La plupart des rapports d’homologation parapente peuvent être trouvés sur cette page.

Essayer un parapente avant l’achat

Ce serait une erreur d’acheter sur catalogue, c’est pour cela qu’existent les “ailes démo”, dans les boutiques de parapente. Suite à de nombreux abus, les essais sont désormais souvent payants (environ 25 €, déduit de votre facture en cas d’achat), mais cela permet d’essayer la voile en conditions réelles, et nul besoin d’être un expert pour essayer une voile. Pas besoin de tester son comportement en décrochage non plus : Renseignez-vous auprès de votre moniteur, il saura vous conseiller une aile car il connaît sûrement le modèle en question…et il vous connaît.

Si vous achetez d’occasion, il est généralement accepté de faire un vol d’essai, quitte à laisser à l’acheteur votre carte d’identité. Si le vendeur refuse, passez votre chemin.

En revanche la fermeté aux commandes, l’amplitude de freinage, la linéarité ou la progressivité du freinage, l’efficacité et la dureté de l’accélérateur, la qualité et la précision du virage, l’efficacité en thermique, l’amortissement ou au contraire la vivacité de la bête, la tenue des oreilles, la prise en charge lors du gonflage, l’arrondi à l’atterrissage, sont des critères que vous pouvez évaluer vous-même. Si vous en avez le niveau, vous pourriez également provoquer une fermeture maintenue, des wing-overs, des 360. Allez-y doucement quand même !
Même une session de gonflage permet de se rendre compte du caractère d’une voile.

Même s’il n’est pas possible d’essayer une voile et de faire un SIV avec, renseignez-vous également sur ce que donne la voile en SIV, auprès de votre moniteur spécialisé en stage de pilotage. Sinon, des videos sont rapidement disponibles sur Youtube. Et des forums en Anglais et en Français parlent abondamment des nouvelles voiles, où chacun donne son avis.

On peut bien sûr lire les comptes rendus publiés dans la presse spécialisée (Parapente Mag, Parapente +), mais il faut savoir lire entre les lignes : les essais de voile publiés sont informatifs, mais rarement « critiques », dans la mesure où ce sont les fabricants qui financent en partie ces magazines, à travers la publicité.

Ziad Bassil
teste régulièrement des parapentes et fait des comptes rendus et des comparatifs sur son site.  Sa difficulté à obtenir certains modèles (qu’il achète pourtant) témoigne de la frilosité de certaines marques à ce sujet.

Lors d’un stage de parapente (progression / autonomie) n’hésitez pas à demander à essayer telle ou telle voile. Souvent le plus simple est d’acheter le parapente avec lequel vous avez fait le stage: Vous connaissez le matériel, et vous aurez sûrement un prix préférentiel.

Allongement et performance

Un parapente plus allongé est théoriquement plus performant : c’est vrai en finesse et vitesse, mais en cas de vrac, celui-ci est parfois plus difficile à gérer (autorotation). En outre une aile plus allongée ne thermique pas mieux, ce serait même le contraire : Son envergure plus grande ne facilite pas la mise en virage. Une aile moins allongée aura plus de facilité à noyauter le thermique. Bref, c’est un facteur en prendre en compte lors de votre achat parapente.

Certificat de révision parapente

Même si cela n’a rien d’obligatoire, le certificat de révision d’une aile de parapente est désormais entré dans les moeurs, à l’instar du contrôle technique d’une voiture : Un tiers établit, par son expertise, l’état réel de la voile aux deux parties (acheteur / vendeur).

Cela permet de garantir que la voile que vous vendez ou achetez est “apte au vol”. On va contrôler, a minima, son calage (et le corriger au besoin). Un test de résistance (rupture de suspente) est également mené, afin de vérifier la solidité du suspentage. Enfin le passage au porosimètre permet d’évaluer le vieillissement du tissu. Ce test mené sur le bord d’attaque de l’extrados permet notamment de mesurer l’état de l’induction (couche imperméabilisant le tissu).

Bien entendu, il ne s’agit pas d’emmener votre parapente à un atelier de révision uniquement pour la vente. Si votre voile devient paresseuse au gonflage, que vous notez un point dur pendant qu’elle lève, que la plage de vitesse se dégrade, que vous êtes sans cesse sur l’accélérateur en vol pour avancer et/ou suivre les copains ayant une même catégorie d’aile, qu’elle a tendance à parachuter, n’arrondit plus correctement à l’atterrissage…il est urgent de vérifier votre voile. Cet “investissement” peut vous sauver la vie ! Consultez le manuel utilisateur pour connaître les fréquences de révision recommandées par le constructeur.

Une correction du calage suffit bien souvent à lui rendre une seconde jeunesse, et ça coûte bien moins cher qu’acheter une nouvelle voile !

Enfin, sachant qu’une saison dure habituellement 6 mois, un parapente possédant un contrôle effectué en début d’année (au printemps), que l’on vous vend en automne, aura beaucoup moins de valeur qu’un contrôle plus récent.

Certifications des ateliers de révision

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les ateliers de révisions n’ont pas véritablement de procédure standardisée. Et ne sont pas certifiés par tel ou tel organisme.
Bien sûr, ils engagent leur responsabilité en cas de litiges, ont un savoir-faire indéniable, mais les comptes rendus de révisions varient beaucoup d’un atelier à l’autre. Certains vont vous donner un résultat global (pourcentage de vie restant, à la louche), tandis que d’autres feront l’effort de vous donner des résultats chiffrés (nombre de secondes lors du passage au porosimètre, valeurs de calage trouvées puis corrigées). Ce qui vous permettra de suivre ces valeurs d’une année sur l’autre. Certains changent systématiquement les drisses de freins, d’autres non…

A noter, qu’avec un peu d’expérience, on peut effectuer soi-même son contrôle et son calage de voile, c’est notamment le cas dans les pays n’ayant pas d’atelier de révision mais cela demande un vrai savoir-faire et dépasse largement le cadre de cet article.

Le parapente : Un achat saisonnier

Comme le ski, le parapente est une activité saisonnière, régie par la loi de l’offre et de la demande, et les logiques de stocks : Il sera plus facile de négocier votre achat parapente en fin de saison, lorsque les écoles et les boutiques se séparent de leurs stocks (immobilisation). Evidemment, il y aura peut-être moins de choix… C’est un peu comme faire le marché en fin de matinée, en espérant que le maraîcher brade : Parfois il ne reste plus grand-chose.
Et vous risquez de ne pas vous en servir beaucoup pendant quelques mois, à moins de venir voler au Mexique cet hiver 😉

Le risque c’est aussi de voir votre parapente “presque neuf”, remplacé par le modèle suivant au printemps : Il en serait dévalué.

Acheter son parapente neuf ou d’occasion ?

C’est une préférence personnelle, et bien sûr une histoire de budget. Si vous vous adressez à un professionnel, vous savez vers qui vous tourner en cas de problème… Certains fabricants proposent une garantie de 3 ans, si vous effectuez les contrôles régulièrement dans des ateliers de révision agréés. Un professionnel vous proposera une gamme de voile plus large, et plusieurs marques, son avis sera sans doute plus objectif, que le particulier qui désespère de se débarrasser de son ancien modèle qui pourrit dans son garage, ou qu’il a besoin de vendre avant de s’acheter son nouveau parapente.

Il existe un marché d’occasion assez important pour les voiles en A, B dans la mesure où ce sont les voiles les plus vendues. Ça se revend bien sur le marché de l’occasion. Si l’aile a plus de 5 ou 10 ans, ne vous attendez pas à des miracles : Le parapente est un sport jeune, et les progrès sont réels, même si le marketing fait des ravages aussi.

Plus on monte en gamme, plus les voiles neuves coûtent cher : Il y a plus de caissons, donc plus de travail, et ce sont de plus petites séries. Néanmoins, elles se revendent assez mal. Le pilote de compétition cherchera l’aile du dernier millésime, délaissant celle du précédent. Les “bonnes” voiles sont recherchées, et donc rares à la vente sur le marché d’occasion.

Budget pour acheter un parapente

Quand on voit des personnes se mettant à l’activité et recherchant un parapente (ou pire un “pack”) à moins de 900 € d’occasion, faut-il leur rappeler que c’est quand même leur vie qui est dessous ? Certes on peut tomber sur de vraies affaires, mais c’est rare et il faut s’y connaître. Comptez 2500 € minimum pour un pack débutant (sellette – parapente -secours) chez un professionnel. Généralement le matériel est d’occasion, mais n’a que très peu d’heures (acheté neuf en début de saison).

Voile pour la dune

Vous verrez parfois des annonces mentionnant ce terme, en référence à la dune du Pyla (ou Pilat) . On voit parfois aussi “voile idéale pente-école” : C’est vrai que c’est plus vendeur que “à réformer” !

Ce sont en général des voiles “rincées”, en fin de vie. Même en pente-école, il arrivera des moments où vous volerez, car après tout c’est la finalité. Si vous débutez, c’est le meilleur moyen d’acquérir de mauvais réflexes (voile lourde, mal calée, hors d’âge).

Conclusion

L’achat d’un parapente doit être réfléchi. Si vous avez lu cet article, vous faites partie des personnes qui se documentent  avant de se décider, et vous avez raison. Il faut considérer son expérience, sa pratique, puis ensuite voir si le modèle que vous lorgnez propose une taille adéquate par rapport à votre PTV. Analyser les rapports d’homologation, l’allongement de l’aile. Consultez les forums, et surtout essayez avant d’acheter !
Investissez d’abord dans la formation, avant de penser au matériel. Et si vous ne volez qu’une semaine par an, il vaut mieux envisager de faire un stage avec une école, qui vous fournira la voile… Ca vous coûtera moins cher !

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